Colères chez l'enfant : pourquoi elles arrivent et comment réagir sans crier
Pourquoi votre enfant fait-il des colères ? Découvrez leurs causes, les bons réflexes pour réagir sans crier et accompagner ses émotions sereinement.
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Sommaire· L'essentiel en 30 secondes
- L'essentiel en 30 secondes
- En un coup d'œil
- Pourquoi les jeunes enfants font-ils des colères ?
- Le cerveau émotionnel prend le dessus
- Les émotions sont encore difficiles à réguler
- Les colères sont aussi une façon de communiquer
- Son besoin d'autonomie grandit
- Les colères sont-elles normales ?
- Pourquoi parle-t-on du « Terrible Two » ?
- Chaque enfant possède son propre tempérament
- À quel moment les colères deviennent-elles moins fréquentes ?
- Quelles sont les causes les plus fréquentes des colères ?
- La fatigue
- La faim
- La frustration
- Les transitions
- La surstimulation
- Le besoin d'autonomie
- Parfois... il n'y a pas de cause évidente
- Les signes qui annoncent une colère
- Combien de temps dure une colère ?
- Comment réagir pendant une colère sans crier ?
- Commencez par respirer... vous aussi
- Accueillez son émotion sans forcément accepter son comportement
- Parlez peu
- Restez présent si votre enfant l'accepte
- Assurez sa sécurité... et celle des autres
- Évitez de crier pour couvrir ses cris
- Ne cherchez pas à raisonner pendant la crise
- Après la colère, reconnectez-vous
- Checklist : les bons réflexes pendant une colère
- Les colères en public : comment réagir ?
- Ne vous focalisez pas sur le regard des autres
- Restez calme et gardez des phrases simples
- Éloignez-vous si possible
- Ne cédez pas uniquement à cause du regard des autres
- Les erreurs les plus fréquentes (et comment les éviter)
- Crier plus fort que son enfant
- Vouloir raisonner immédiatement
- Multiplier les menaces
- Céder uniquement pour arrêter les cris
- Ignorer complètement son émotion
- Se sentir coupable après chaque crise
- Comment prévenir les colères au quotidien
- Installer des routines prévisibles
- Veiller au sommeil et aux repas
- Anticiper les transitions
- Proposer de petits choix
- Limiter la surstimulation
- Valoriser les moments où tout se passe bien
- Comment gérer les colères selon l'âge ?
- Entre 1 et 2 ans : les premières frustrations
- À 2 ans : la période du « non »
- À 3 ans : des émotions toujours très intenses
- À 4 ans : davantage de dialogue
- À partir de 5 ans
- Les colères selon l'âge : tableau récapitulatif
- Quand faut-il consulter un professionnel ?
- Lorsque les colères deviennent extrêmement fréquentes
- Lorsque votre enfant se met régulièrement en danger
- Lorsque les colères persistent longtemps après 6 ans
- Lorsque d'autres difficultés sont associées
- Lorsque vous vous sentez dépassé
- Idées reçues : vrai ou faux ?
- Que retenir sur les colères chez l'enfant ?
- Questions fréquentes
- À quel âge les colères commencent-elles ?
- Pourquoi mon enfant fait-il autant de colères ?
- Comment gérer une colère sans crier ?
- Dois-je ignorer une crise de colère ?
- Faut-il punir une colère ?
- Pourquoi mon enfant me tape-t-il lorsqu'il est en colère ?
- Pourquoi les colères arrivent-elles souvent au supermarché ?
- Pourquoi mon enfant fait-il des colères uniquement avec moi ?
- Mon enfant fait plusieurs colères par jour : est-ce normal ?
- Que faire si je finis par crier moi aussi ?
- Comment éviter les colères ?
- Quand faut-il consulter pour des colères ?
- Les colères sont-elles un caprice ?
- Sources
- Pour aller plus loin
Les colères font partie des moments les plus éprouvants de la vie de parent. Votre enfant hurle, pleure, se roule par terre, jette un jouet ou refuse catégoriquement de vous écouter. En quelques secondes, une situation banale peut sembler totalement incontrôlable.
Fréquentes entre 18 mois et 4 ans, les colères chez les jeunes enfants apparaissent le plus souvent lorsqu'une frustration ou une émotion devient trop intense pour être régulée. Elles ne sont généralement ni un caprice ni un signe que votre enfant cherche à vous manipuler.
Dans ces moments-là, il est normal de se sentir démuni. Faut-il laisser passer ? Punir ? Ignorer la crise ? Prendre son enfant dans les bras ? Expliquer ? Ou simplement attendre que l'orage passe ? Et surtout, comment éviter de crier lorsque la fatigue s'accumule et que la patience atteint ses limites ?
Chez les jeunes enfants, les crises sont souvent liées à un cerveau encore immature, qui ne sait pas encore gérer seul les émotions intenses. Comprendre ce qui se passe pendant une colère permet souvent de réagir avec davantage de calme... même si cela reste parfois difficile.
Dans ce guide complet, l'équipe d'entre-parents.com vous aide à comprendre pourquoi les jeunes enfants font des colères, comment réagir sans crier, quelles attitudes favorisent un retour au calme, comment prévenir certaines crises et dans quels cas il peut être utile de demander l'avis d'un professionnel.
L'essentiel en 30 secondes
- Les colères sont une étape normale du développement, en particulier entre 18 mois et 4 ans.
- Une crise ne signifie généralement pas que votre enfant cherche à manipuler ses parents.
- Pendant une colère, les émotions prennent le dessus : raisonner ou faire un long discours est souvent inefficace.
- Rester calme, sécuriser la situation et accueillir l'émotion aide davantage qu'une punition ou des cris.
- Une fois la crise terminée, il est possible de revenir sur ce qui s'est passé et d'aider l'enfant à mettre des mots sur ses émotions.
- Si les colères sont très fréquentes, extrêmement violentes ou s'accompagnent d'autres difficultés de développement, un avis médical peut être utile.
En un coup d'œil
Si votre enfant... | Il est utile de savoir que... |
|---|---|
se roule par terre | cette réaction est fréquente chez les jeunes enfants qui ne savent pas encore gérer une émotion très intense. |
crie très fort | parler calmement est généralement plus efficace que hausser la voix. |
fait plusieurs colères par jour | cela peut être normal entre 2 et 3 ans, surtout lors des périodes de fatigue ou de frustration. |
vous frappe ou jette des objets | il est important d'accueillir son émotion tout en posant une limite claire sur les comportements dangereux. |
vous pousse à bout | vous n'êtes pas un mauvais parent. Les colères sont éprouvantes pour presque toutes les familles. |
Pourquoi les jeunes enfants font-ils des colères ?
Face à une crise impressionnante, beaucoup de parents pensent spontanément que leur enfant teste les limites ou cherche à obtenir ce qu'il veut. Pourtant, dans la grande majorité des cas, une colère n'est pas un caprice prémédité.
Elle correspond surtout à un moment où l'enfant est submergé par une émotion qu'il ne parvient pas encore à contrôler.
Pour comprendre pourquoi les colères sont si fréquentes chez les jeunes enfants, il faut s'intéresser à la façon dont leur cerveau se développe.
Le cerveau émotionnel prend le dessus
Chez un jeune enfant, les zones du cerveau qui gèrent les émotions se développent bien avant celles qui permettent de raisonner, de contrôler ses impulsions ou de prendre du recul.
Concrètement, lorsqu'une émotion devient trop forte, votre enfant ne choisit pas de perdre son calme. Son cerveau réagit comme s'il faisait face à une situation extrêmement importante ou stressante.
La colère envahit alors tout son corps : il pleure, crie, tape, se roule parfois par terre ou jette des objets. À cet instant, il ne dispose pas encore des capacités nécessaires pour retrouver seul son calme.
C'est également pour cette raison qu'il est souvent inutile d'essayer de lui faire entendre raison pendant une crise. Son cerveau n'est tout simplement pas disponible pour écouter une longue explication.
Les émotions sont encore difficiles à réguler
Les adultes ont appris, au fil des années, à reconnaître leurs émotions et à les contrôler plus facilement. Nous savons généralement attendre quelques minutes, respirer profondément ou mettre des mots sur ce que nous ressentons.
Un enfant de 2 ou 3 ans n'en est pas encore capable.
Lorsqu'il ressent une immense frustration parce que vous refusez un biscuit ou que vous devez quitter le parc, cette émotion lui paraît aussi intense que si un adulte vivait une situation très difficile.
Il ne joue pas la comédie : il exprime simplement ce qu'il ressent avec les moyens dont il dispose.
Les colères sont aussi une façon de communiquer
Avant de maîtriser pleinement le langage, un enfant exprime beaucoup de choses par son comportement.
Une crise peut traduire :
- une grande fatigue ;
- la faim ;
- une frustration ;
- une difficulté à gérer un changement ;
- un besoin d'attention ;
- une émotion qu'il ne sait pas encore exprimer avec des mots.
Autrement dit, la colère est souvent un signal qui indique que votre enfant est dépassé par ce qu'il vit.
Son besoin d'autonomie grandit
Vers 2 ans, les enfants découvrent qu'ils sont des personnes à part entière, avec leurs envies, leurs préférences et leurs propres décisions.
Ils veulent choisir leurs vêtements, verser leur verre seuls, monter les escaliers sans aide ou décider du livre à lire avant de dormir.
Lorsque ces envies se heurtent aux limites posées par les adultes, la frustration peut être très importante.
Les célèbres « non » répétés à longueur de journée font partie de cette période de développement, parfois appelée le Terrible Two.
Cette phase peut être fatigante pour les parents, mais elle témoigne aussi de la construction progressive de l'autonomie de l'enfant.
Les colères sont-elles normales ?
Oui. Les colères font partie du développement normal de nombreux enfants.
Elles apparaissent généralement entre 18 mois et 2 ans, deviennent souvent plus fréquentes autour de 2 ou 3 ans, puis diminuent progressivement à mesure que l'enfant développe son langage, sa capacité à gérer ses émotions et sa compréhension des règles.
Tous les enfants ne vivent pas cette période avec la même intensité. Certains font une crise de temps en temps, tandis que d'autres peuvent en vivre plusieurs chaque jour.
Cette différence dépend notamment de leur tempérament, de leur sensibilité, de leur fatigue, mais aussi des situations auxquelles ils sont confrontés.
Pourquoi parle-t-on du « Terrible Two » ?
L'expression anglaise Terrible Two désigne la période qui entoure les deux ans de l'enfant.
À cet âge, son désir d'autonomie grandit très rapidement, alors que ses capacités à gérer la frustration restent encore limitées.
Il veut faire seul, choisir, décider, explorer... mais se retrouve régulièrement confronté à des limites qu'il ne comprend pas toujours.
Cette combinaison explique pourquoi les crises peuvent devenir particulièrement fréquentes durant cette période.
Heureusement, cette étape est temporaire.
Chaque enfant possède son propre tempérament
Certains enfants expriment leurs émotions de façon très intense, tandis que d'autres semblent retrouver leur calme plus facilement.
Aucun de ces tempéraments n'est meilleur qu'un autre.
Un enfant très sensible n'est pas un enfant mal élevé, pas plus qu'un enfant calme n'est forcément plus facile à accompagner dans toutes les situations.
L'objectif n'est donc pas de supprimer totalement les colères, mais d'aider progressivement votre enfant à mieux comprendre et gérer ce qu'il ressent.
À quel moment les colères deviennent-elles moins fréquentes ?
Chez beaucoup d'enfants, les crises diminuent progressivement entre 4 et 5 ans.
À cet âge, ils disposent généralement d'un vocabulaire plus riche, comprennent mieux les règles, anticipent davantage les conséquences de leurs actes et commencent à développer des stratégies pour gérer leurs émotions.
Cela ne signifie pas que les colères disparaissent complètement, mais elles deviennent souvent moins intenses et moins fréquentes.
Quelles sont les causes les plus fréquentes des colères ?
Une colère ne survient que rarement « sans raison ». Même si le déclencheur semble parfois anodin aux yeux d'un adulte, il correspond souvent à un besoin ou à une émotion que l'enfant ne parvient pas encore à gérer.
Identifier ce qui provoque régulièrement les crises peut vous aider à mieux les prévenir... même s'il sera impossible de toutes les éviter.
La fatigue
La fatigue est l'une des causes les plus fréquentes des colères chez les jeunes enfants.
Après une mauvaise nuit, une sieste écourtée ou une journée très chargée, leur capacité à gérer les frustrations diminue fortement.
Une situation qui aurait été acceptée sans difficulté le matin peut ainsi provoquer une crise spectaculaire en fin d'après-midi.
Lorsque les colères se répètent chaque soir, il est souvent utile de s'interroger sur le rythme de sommeil de l'enfant.
La faim
Un jeune enfant ne repère pas toujours les premiers signes de la faim.
Il peut donc passer très rapidement d'un état de bonne humeur à une grande irritabilité.
C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles de nombreux parents constatent davantage de crises juste avant les repas.
Prévoir une collation adaptée ou éviter d'attendre trop longtemps entre deux repas peut parfois suffire à réduire certaines colères.
La frustration
Les frustrations font partie du quotidien des jeunes enfants.
Impossible de manger uniquement des bonbons, de traverser la route seul, de jouer avec un couteau ou de rester au parc toute la journée.
Pour un adulte, ces limites paraissent évidentes.
Pour un enfant de 2 ou 3 ans, elles représentent parfois une immense déception.
Comme il ne sait pas encore gérer cette émotion, la frustration peut rapidement se transformer en colère.
Les transitions
Passer d'une activité à une autre n'est pas toujours facile.
Quitter le parc, ranger les jouets, arrêter un dessin, entrer dans le bain ou partir de chez les grands-parents sont autant de moments où les crises sont fréquentes.
Les jeunes enfants ont besoin de temps pour changer d'activité.
Les prévenir quelques minutes à l'avance et leur expliquer ce qui va se passer facilite souvent la transition.
La surstimulation
Une journée riche en émotions peut également favoriser les colères.
Après un anniversaire, une sortie, un long trajet ou une journée à la crèche, certains enfants semblent « exploser » une fois rentrés à la maison.
Ils ont accumulé beaucoup de stimulations et disposent de moins de ressources pour gérer leurs émotions.
Un moment calme, un câlin ou simplement un peu de tranquillité peuvent alors les aider à retrouver leur équilibre.
Le besoin d'autonomie
Entre 2 et 4 ans, votre enfant souhaite faire de plus en plus de choses par lui-même.
Il veut mettre ses chaussures seul, choisir son manteau, ouvrir une porte ou verser son verre.
Lorsqu'un adulte fait les choses à sa place ou refuse sa demande, il peut ressentir une forte frustration.
Lorsque cela est possible et sans danger, lui laisser de petits espaces d'autonomie contribue souvent à limiter certaines crises.
Parfois... il n'y a pas de cause évidente
Malgré toute votre attention, certaines colères semblent surgir sans raison.
C'est normal.
Le cerveau d'un jeune enfant est encore en plein développement. Une émotion peut monter très rapidement, sans qu'il soit lui-même capable d'expliquer ce qu'il ressent.
Chercher absolument une explication n'est donc pas toujours utile.
Dans ces moments-là, votre présence rassurante reste souvent ce dont il a le plus besoin.
Les signes qui annoncent une colère
Toutes les colères ne surgissent pas d'un seul coup. Chez beaucoup d'enfants, certains petits signaux apparaissent quelques secondes ou quelques minutes avant que l'émotion ne déborde complètement.
Repérer ces signes permet parfois d'intervenir plus tôt, avant que la crise ne devienne trop intense.
- son visage se crispe ;
- sa voix monte progressivement ;
- il répète la même demande plusieurs fois ;
- il refuse soudainement de coopérer ;
- ses gestes deviennent plus brusques ;
- il tape du pied, serre les poings ou se raidit ;
- il pleurniche ou semble plus irritable que d'habitude.
Dans ces moments-là, une phrase simple, un choix limité, un câlin si votre enfant l'accepte ou une transition plus douce peuvent parfois éviter que la colère ne prenne toute la place.
Combien de temps dure une colère ?
La durée d'une colère varie selon l'âge de l'enfant, son tempérament, son niveau de fatigue et la situation qui a déclenché la crise.
Chez beaucoup de jeunes enfants, une colère dure seulement quelques minutes. Certaines crises peuvent toutefois se prolonger davantage, notamment lorsque l'enfant est très fatigué, frustré, affamé ou soumis à de nombreuses stimulations.
Il n'existe pas de durée « normale » précise. L'intensité compte souvent autant que le temps : une crise très brève peut être impressionnante, tandis qu'une colère plus longue peut diminuer progressivement avant le retour au calme.
Pendant la crise, multiplier les explications, les questions ou les négociations risque parfois de maintenir l'enfant dans son émotion. Il est généralement plus utile de rester présent, de parler peu, de sécuriser la situation et d'attendre que l'intensité redescende.
Si les colères durent régulièrement très longtemps, envahissent une grande partie du quotidien ou s'accompagnent de comportements particulièrement violents, il est préférable d'en parler avec votre médecin ou votre pédiatre.
Comment réagir pendant une colère sans crier ?
Face à une crise, il est naturel de vouloir qu'elle s'arrête le plus vite possible. Pourtant, une colère suit généralement son propre rythme et ne peut pas être interrompue simplement par des explications ou des ordres. Une fois que l'émotion a pris le dessus, votre enfant n'est plus réellement capable de raisonner ni d'écouter de longues explications.
Votre rôle n'est donc pas de faire disparaître immédiatement sa colère, mais de l'accompagner jusqu'à ce qu'il retrouve progressivement son calme.
Ce n'est pas toujours facile. Lorsque les cris s'enchaînent, que vous êtes fatigué ou que tout le monde vous regarde au supermarché, garder son calme peut sembler presque impossible. Pourtant, quelques attitudes simples permettent souvent d'éviter que la situation ne s'aggrave.
Commencez par respirer... vous aussi
Lorsqu'un enfant crie, notre propre cerveau peut rapidement passer en mode « alerte ». Le rythme cardiaque augmente, la tension monte et l'envie de crier à son tour apparaît.
Avant de chercher à calmer votre enfant, prenez quelques secondes pour respirer profondément.
Quelques respirations lentes suffisent parfois à empêcher l'émotion de prendre le contrôle.
Un parent calme aide beaucoup plus facilement un enfant à retrouver son calme qu'un parent lui-même en colère.
Accueillez son émotion sans forcément accepter son comportement
Comprendre une émotion ne signifie pas tout autoriser.
Vous pouvez parfaitement reconnaître ce que ressent votre enfant tout en maintenant une limite claire.
Par exemple :
- « Je vois que tu es très en colère. »
- « Tu aurais aimé rester encore au parc. »
- « Tu es déçu parce que je t'ai dit non. »
Puis rappeler calmement la règle :
- « Je comprends ta colère, mais je ne peux pas te laisser taper. »
- « Tu peux être en colère, mais je ne peux pas accepter que tu casses les jouets. »
Cette distinction est essentielle.
Les émotions sont toujours légitimes. En revanche, tous les comportements ne le sont pas.
Parlez peu
Lors d'une grosse colère, votre enfant n'est généralement plus disponible pour écouter un long discours.
Multiplier les explications ou poser de nombreuses questions risque surtout de prolonger la crise.
Des phrases courtes sont souvent beaucoup plus efficaces :
- « Je suis là. »
- « Je vois que c'est difficile. »
- « Nous allons attendre que ça passe. »
Les grandes discussions pourront avoir lieu une fois l'émotion redescendue.
Restez présent si votre enfant l'accepte
Certains enfants cherchent spontanément un câlin lorsqu'ils sont bouleversés.
D'autres préfèrent garder un peu de distance avant de venir d'eux-mêmes.
L'important est de rester disponible.
Votre simple présence rassure souvent davantage qu'un grand nombre de paroles.
Vous pouvez par exemple vous asseoir près de lui et attendre calmement que l'intensité de la colère diminue.
Assurez sa sécurité... et celle des autres
Si votre enfant frappe, mord, lance des objets ou risque de se blesser, votre priorité devient la sécurité.
Vous pouvez alors intervenir calmement mais fermement.
Par exemple :
« Je ne peux pas te laisser taper. Je vais t'empêcher de faire mal. »
L'objectif n'est pas de punir, mais de protéger.
Une fois la crise passée, vous pourrez revenir ensemble sur ce qui s'est produit.
Évitez de crier pour couvrir ses cris
Lorsque deux personnes crient en même temps, personne n'écoute réellement l'autre.
Votre enfant risque surtout de percevoir votre propre colère plutôt que votre message.
Parler d'une voix calme, même si elle reste ferme, aide souvent davantage à désamorcer la situation.
Cela ne fonctionne pas à chaque fois, mais cette attitude évite généralement que la crise prenne encore plus d'ampleur.
Ne cherchez pas à raisonner pendant la crise
Beaucoup de parents expliquent longuement pourquoi ils ont dit non.
Pourtant, lorsqu'un enfant est submergé par son émotion, son cerveau est beaucoup moins disponible pour comprendre un raisonnement logique.
Attendez que le calme revienne avant de reparler de ce qu'il s'est passé.
Quelques minutes plus tard, votre enfant sera beaucoup plus réceptif.
Après la colère, reconnectez-vous
Une fois l'émotion retombée, votre enfant a souvent besoin de retrouver un sentiment de sécurité.
Un câlin, un sourire, une histoire ou quelques minutes de jeu ensemble permettent de refermer cet épisode sans qu'il reste dans une ambiance tendue.
Si nécessaire, vous pouvez revenir calmement sur ce qui s'est passé :
« Tu étais très en colère parce qu'il fallait quitter le parc. C'était difficile pour toi. La prochaine fois, nous essaierons de prévenir un peu plus tôt. »
Ces échanges l'aident progressivement à mettre des mots sur ses émotions et à apprendre à les gérer.
Checklist : les bons réflexes pendant une colère
- Je respire quelques secondes avant de réagir.
- Je sécurise mon enfant, les autres personnes et l'environnement.
- Je parle peu, avec des phrases courtes et calmes.
- J'accueille l'émotion sans accepter les comportements dangereux.
- Je maintiens la limite importante sans entrer dans un long débat.
- J'attends que la crise redescende avant d'expliquer ou de discuter.
- Je reconnecte avec mon enfant après la colère.
- Je répare si j'ai crié ou réagi trop fort.
Les colères en public : comment réagir ?
Les crises au supermarché, dans un restaurant, au parc ou dans la rue sont souvent les plus difficiles à vivre. Beaucoup de parents ont le sentiment que tout le monde les observe et juge leur façon d'éduquer leur enfant.
Pourtant, les colères en public répondent aux mêmes mécanismes que celles qui surviennent à la maison. Votre enfant n'agit généralement pas pour vous mettre mal à l'aise : il est simplement débordé par une émotion qu'il ne sait pas encore gérer.
Ne vous focalisez pas sur le regard des autres
Même si cela paraît difficile sur le moment, essayez de concentrer votre attention sur votre enfant plutôt que sur les personnes autour de vous. La plupart des parents ont déjà vécu une situation similaire et comprennent ce que vous traversez.
Restez calme et gardez des phrases simples
Inutile de négocier longuement ou de justifier votre décision devant tout le monde. Quelques phrases courtes suffisent :
- « Je vois que tu es très en colère. »
- « Je reste avec toi. »
- « Nous en reparlerons quand tu seras calmé. »
Éloignez-vous si possible
Si la situation le permet, installez-vous dans un endroit un peu plus calme : un coin du magasin, un banc à l'extérieur ou un endroit moins bruyant. Réduire les stimulations aide souvent l'enfant à retrouver son calme plus rapidement.
Ne cédez pas uniquement à cause du regard des autres
Lorsque plusieurs personnes observent la scène, il peut être très tentant d'accepter finalement ce que votre enfant réclame pour que la crise cesse immédiatement.
Si la limite est importante, essayez de la maintenir avec calme. Votre décision doit rester guidée par ce qui vous semble juste, et non par la pression extérieure.
Les erreurs les plus fréquentes (et comment les éviter)
Face à une colère, il est facile de réagir sous le coup de l'émotion. Après une journée fatigante, lorsque votre enfant crie, tape du pied ou refuse catégoriquement d'obéir, votre propre patience peut rapidement atteindre ses limites.
Aucun parent ne gère parfaitement toutes les crises. L'objectif n'est pas d'être irréprochable, mais de connaître les réactions qui apaisent généralement la situation... et celles qui risquent de l'aggraver.
Crier plus fort que son enfant
Lorsque votre enfant élève la voix, votre premier réflexe peut être de faire de même pour reprendre le contrôle.
Pourtant, deux personnes qui crient en même temps ne s'écoutent plus. Votre enfant perçoit surtout votre propre colère, ce qui peut renforcer son stress et prolonger la crise.
Parler d'une voix calme, même ferme, transmet généralement beaucoup mieux votre message.
Vouloir raisonner immédiatement
Pendant une colère, le cerveau émotionnel de votre enfant prend le dessus. Même les meilleures explications auront donc peu d'effet à cet instant.
Attendez que le calme revienne avant d'expliquer votre décision ou de discuter ensemble de ce qu'il s'est passé.
Multiplier les menaces
Sous la pression, il est tentant de lancer des phrases comme :
- « Si tu continues, on rentre tout de suite ! »
- « Tu n'auras plus jamais de dessin animé ! »
- « Je vais appeler le Père Noël ! »
Lorsqu'elles ne sont pas appliquées, ces menaces perdent rapidement toute efficacité. Il est préférable d'annoncer peu de conséquences, mais des conséquences réalistes et cohérentes.
Céder uniquement pour arrêter les cris
Après plusieurs minutes de crise, il est parfois très tentant de dire finalement oui.
Sur le moment, la colère cesse souvent rapidement. Mais votre enfant peut aussi apprendre progressivement que prolonger la crise conduit parfois l'adulte à modifier sa décision.
Si vous avez fixé une limite importante, essayez autant que possible de la maintenir avec calme.
Ignorer complètement son émotion
Dire simplement :
« Arrête immédiatement de pleurer. »
ou
« Ce n'est rien. »
peut donner à votre enfant le sentiment que ce qu'il ressent n'a pas d'importance.
Reconnaître son émotion ne signifie pas être d'accord avec son comportement. Quelques mots suffisent :
« Je vois que tu es très déçu. »
Se sentir coupable après chaque crise
Après une journée difficile, beaucoup de parents pensent :
« J'ai tout raté aujourd'hui. »
Pourtant, les colères font partie du développement normal. Elles ne signifient pas que vous êtes un mauvais parent.
Si vous avez crié ou réagi trop vivement, vous pouvez toujours réparer ensuite. Présenter vos excuses, expliquer votre émotion et renouer le lien constitue un exemple précieux pour votre enfant.
Comment prévenir les colères au quotidien
Il est impossible d'éviter toutes les colères. Les frustrations font partie de la vie et aident aussi l'enfant à grandir. En revanche, certaines habitudes permettent souvent de réduire leur fréquence ou leur intensité.
Installer des routines prévisibles
Les jeunes enfants se sentent plus en sécurité lorsqu'ils savent ce qui va se passer. Des repères simples pour le matin, les repas, le bain ou le coucher peuvent limiter certaines tensions.
Veiller au sommeil et aux repas
La fatigue et la faim diminuent fortement la capacité d'un enfant à gérer ses émotions. Des horaires réguliers, des temps calmes et des repas adaptés peuvent parfois éviter de nombreuses crises.
Anticiper les transitions
Quitter le parc, arrêter un jeu ou partir de chez des proches peut être difficile. Prévenir quelques minutes avant le changement aide votre enfant à se préparer : « Encore cinq minutes, puis nous rentrons. »
Proposer de petits choix
Donner un choix limité permet à l'enfant de se sentir acteur sans remettre en question la règle principale : « Tu préfères mettre le pull bleu ou le rouge ? » ou « Tu veux ranger les cubes ou les livres en premier ? »
Limiter la surstimulation
Après une journée chargée, une sortie bruyante ou beaucoup d'excitation, certains enfants ont besoin de calme. Une histoire, un câlin, une lumière plus douce ou quelques minutes au calme peuvent les aider à redescendre.
Valoriser les moments où tout se passe bien
Remarquer les efforts de votre enfant lorsqu'il coopère, attend son tour ou exprime une émotion avec des mots l'aide progressivement à renforcer ces comportements.
Comment gérer les colères selon l'âge ?
Les colères évoluent avec le développement de votre enfant. Entre 1 et 6 ans, le langage, la compréhension des règles et la capacité à gérer les émotions progressent rapidement. Les réactions qui fonctionnent à un âge ne sont donc pas toujours adaptées à un autre.
Entre 1 et 2 ans : les premières frustrations
Vers 12 à 24 mois, votre enfant découvre qu'il a ses propres envies mais ne peut pas encore toutes les satisfaire. Son langage étant encore limité, il exprime souvent ses émotions par des pleurs, des cris ou en se jetant au sol.
À cet âge, l'essentiel est de rester présent, de mettre des mots sur ce qu'il ressent et de proposer un environnement rassurant. Les longues explications sont généralement peu utiles.
À 2 ans : la période du « non »
Autour de 2 ans, le besoin d'autonomie devient très fort. Votre enfant veut décider, choisir et faire seul, mais il ne parvient pas encore à gérer les frustrations que rencontrent ses envies.
Vous pouvez l'aider en maintenant des limites claires tout en lui laissant de petits choix adaptés à son âge, comme choisir entre deux vêtements ou deux activités.
À 3 ans : des émotions toujours très intenses
Le langage progresse rapidement, mais les émotions restent souvent difficiles à contrôler. Les colères apparaissent fréquemment en cas de fatigue, de frustration ou lors des changements d'activité.
Des routines stables et des transitions anticipées permettent souvent de limiter certaines crises.
À 4 ans : davantage de dialogue
Vers 4 ans, beaucoup d'enfants commencent à mieux exprimer ce qu'ils ressentent. Les colères restent possibles, mais elles deviennent souvent moins fréquentes.
C'est un âge où l'on peut plus facilement revenir sur la crise une fois le calme retrouvé et réfléchir ensemble à d'autres façons de réagir.
À partir de 5 ans
Les capacités à reconnaître et réguler les émotions continuent de progresser. Les colères ne disparaissent pas totalement, mais elles sont généralement moins explosives et plus faciles à accompagner.
Votre enfant apprend progressivement à exprimer sa frustration avec des mots et à développer ses propres stratégies pour retrouver son calme.
Les colères selon l'âge : tableau récapitulatif
Âge | Ce qui est fréquent | Comment réagir |
|---|---|---|
1 à 2 ans | Pleurs, frustrations, peu de langage, besoin d'être rassuré. | Rester présent, nommer les émotions, proposer peu de mots et beaucoup de sécurité. |
2 ans | Refus, opposition, besoin d'autonomie, crises fréquentes. | Maintenir des limites claires tout en laissant de petits choix. |
3 ans | Émotions très fortes, impatience, difficultés à attendre. | Anticiper les transitions, garder des routines et accueillir les émotions. |
4 ans | Meilleure compréhension, colères souvent moins fréquentes. | Discuter après la crise et chercher des solutions avec l'enfant. |
5 ans et plus | Progression de l'autorégulation, mais émotions encore parfois intenses. | Encourager l'expression des émotions et développer des stratégies pour retrouver son calme. |
Quand faut-il consulter un professionnel ?
Les colères font partie du développement normal de nombreux jeunes enfants. Elles traduisent le plus souvent une difficulté à gérer des émotions encore très intenses, et non un problème de comportement ou un trouble psychologique.
Dans la grande majorité des cas, elles diminuent progressivement à mesure que l'enfant développe son langage, sa capacité à attendre et à exprimer ce qu'il ressent.
Certaines situations méritent toutefois d'être évoquées avec un professionnel de santé.
Lorsque les colères deviennent extrêmement fréquentes
Un enfant peut traverser une période où les crises se multiplient, notamment autour de 2 ou 3 ans.
En revanche, si les colères occupent une très grande partie du quotidien, durent longtemps ou semblent s'intensifier malgré le temps, il peut être utile d'en parler avec votre médecin ou votre pédiatre.
L'objectif n'est pas de poser un diagnostic, mais de vérifier si certains facteurs (fatigue, difficultés de langage, hypersensibilité, troubles du sommeil, etc.) pourraient expliquer cette intensité.
Lorsque votre enfant se met régulièrement en danger
Certains enfants peuvent :
- se frapper la tête contre le sol ou un mur ;
- se mordre fortement ;
- adopter des gestes qui risquent de le blesser ;
- avoir des comportements très violents envers les autres.
Même si ces situations restent souvent liées à une très forte frustration, elles méritent un avis médical afin d'être accompagnées au plus tôt.
Lorsque les colères persistent longtemps après 6 ans
Les émotions fortes ne disparaissent jamais complètement.
En revanche, en grandissant, la plupart des enfants développent progressivement d'autres moyens pour exprimer leur frustration.
Si les crises restent très fréquentes, très intenses ou ressemblent encore à celles d'un tout-petit après plusieurs années, un échange avec un professionnel peut être utile.
Lorsque d'autres difficultés sont associées
Les colères ne sont parfois qu'un élément parmi d'autres.
Il peut être intéressant de consulter si votre enfant présente également :
- des difficultés importantes de langage ;
- des troubles du sommeil persistants ;
- un isolement important ;
- des difficultés relationnelles marquées ;
- une grande anxiété ;
- des changements brutaux de comportement.
Ces signes ne signifient pas nécessairement qu'il existe un problème de santé, mais ils justifient d'en discuter avec un professionnel.
Lorsque vous vous sentez dépassé
Les consultations ne concernent pas uniquement les enfants.
Si les colères de votre enfant vous épuisent, provoquent de nombreux conflits dans la famille ou vous donnent le sentiment de ne plus savoir comment réagir, n'hésitez pas à demander de l'aide.
Quelques conseils personnalisés permettent souvent de retrouver rapidement un climat plus serein.
Faire appel à un professionnel ne signifie pas que vous avez échoué. Au contraire, demander conseil lorsqu'une situation devient difficile est souvent la meilleure façon d'aider son enfant... et de retrouver soi-même davantage de sérénité.
Idées reçues : vrai ou faux ?
Affirmation | Vrai ou faux ? |
|---|---|
« Les colères signifient que mon enfant est mal élevé. » | Faux. Les colères font partie du développement normal de nombreux enfants. Elles traduisent surtout une difficulté à gérer des émotions très intenses. |
« Si je cède une fois, mon enfant fera toujours des colères. » | Faux. Une réaction ponctuelle ne détermine pas l'avenir. En revanche, céder systématiquement pendant une crise peut rendre les colères plus fréquentes. |
« Crier permet de faire cesser une colère plus rapidement. » | Faux. Crier augmente souvent le niveau de stress de toute la famille et peut prolonger la crise. |
« Il faut toujours laisser pleurer un enfant jusqu'à ce qu'il se calme. » | Faux. Certains enfants ont besoin d'un peu d'espace, d'autres de sentir un adulte disponible près d'eux. L'important est de rester présent sans alimenter la crise. |
« Un enfant peut être très en colère sans chercher à manipuler ses parents. » | Vrai. Chez les jeunes enfants, les colères traduisent le plus souvent une difficulté à gérer leurs émotions plutôt qu'une volonté de manipuler. |
« Punir une colère apprend à mieux gérer ses émotions. » | Pas forcément. Les limites restent importantes, mais punir une émotion ne permet pas à un enfant d'apprendre à la réguler. C'est surtout l'accompagnement après la crise qui favorise les apprentissages. |
« Les colères sont plus fréquentes entre 2 et 4 ans. » | Vrai. Cette période correspond à une forte envie d'autonomie alors que les capacités de gestion émotionnelle sont encore immatures. |
« Il vaut mieux discuter une fois la colère terminée. » | Vrai. Une fois le calme revenu, votre enfant est beaucoup plus disponible pour comprendre ce qui s'est passé et apprendre à mieux gérer ses émotions. |
« Dire “je comprends que tu sois en colère” signifie céder. » | Faux. Vous pouvez reconnaître une émotion tout en maintenant une limite ou un refus. Comprendre n'est pas accepter tous les comportements. |
« Un parent peut parfois perdre patience sans être un mauvais parent. » | Vrai. Personne ne réagit parfaitement à chaque situation. Reconnaître son erreur, présenter ses excuses et réparer ensuite est déjà un modèle précieux pour son enfant. |
Que retenir sur les colères chez l'enfant ?
Les colères chez les jeunes enfants font partie du développement normal. Même si elles peuvent être très impressionnantes, elles traduisent le plus souvent une difficulté à gérer des émotions encore trop intenses plutôt qu'une volonté de provoquer ou de manipuler les adultes.
Face à une crise, il n'existe pas de solution miracle. En revanche, rester aussi calme que possible, accueillir l'émotion de votre enfant, maintenir des limites claires et revenir sur la situation une fois le calme retrouvé l'aident progressivement à développer ses capacités de régulation émotionnelle.
Chaque enfant évolue à son rythme. Certaines périodes sont plus difficiles que d'autres, notamment entre 2 et 4 ans. Avec le temps, l'acquisition du langage, l'autonomie et la maturation du cerveau rendent généralement les colères moins fréquentes et moins intenses.
Enfin, n'oubliez pas qu'aucun parent ne réagit parfaitement à chaque crise. Si vous perdez parfois patience, cela ne remet pas en cause votre rôle de parent. Ce qui compte avant tout est la qualité du lien que vous entretenez avec votre enfant et votre capacité à réparer lorsque cela est nécessaire.
Si les colères deviennent très fréquentes, particulièrement violentes, persistent au-delà de l'âge habituel ou vous inquiètent, n'hésitez pas à demander conseil à votre médecin, votre pédiatre ou un professionnel de la petite enfance.
Questions fréquentes
À quel âge les colères commencent-elles ?
Les premières véritables colères apparaissent souvent entre 18 mois et 2 ans. À cet âge, l'enfant développe une forte envie d'autonomie, mais ne sait pas encore gérer toutes les frustrations ni exprimer précisément ce qu'il ressent.
Pourquoi mon enfant fait-il autant de colères ?
Les jeunes enfants disposent encore de peu de moyens pour réguler leurs émotions. La fatigue, la faim, la frustration, les changements de routine, la surstimulation ou le besoin d'autonomie peuvent facilement déclencher une crise.
Comment gérer une colère sans crier ?
Essayez de rester aussi calme que possible, parlez peu et avec des phrases simples, accueillez l'émotion de votre enfant et maintenez les limites nécessaires. Attendez que la crise redescende avant d'expliquer ou de revenir sur ce qu'il s'est passé.
Dois-je ignorer une crise de colère ?
Pas complètement. Il est généralement préférable de rester présent sans multiplier les paroles ni les négociations. Certains enfants ont besoin d'un peu de distance, tandis que d'autres sont rassurés par la proximité d'un adulte calme et disponible.
Faut-il punir une colère ?
La colère est une émotion normale et ne doit pas être punie en elle-même. En revanche, les comportements dangereux comme taper, mordre ou casser des objets nécessitent une limite claire, calme et immédiate.
Pourquoi mon enfant me tape-t-il lorsqu'il est en colère ?
Lorsqu'il est submergé par son émotion, un jeune enfant peut exprimer sa frustration par des gestes. Il est important d'intervenir pour empêcher les coups tout en rappelant que la colère est autorisée, mais pas la violence.
Pourquoi les colères arrivent-elles souvent au supermarché ?
Le supermarché cumule plusieurs déclencheurs possibles : fatigue, bruit, attente, nombreuses stimulations et frustration face aux produits. Prévenir votre enfant, limiter la durée des courses et éviter les moments de grande fatigue peuvent parfois réduire les crises.
Pourquoi mon enfant fait-il des colères uniquement avec moi ?
Les enfants expriment souvent leurs émotions les plus fortes auprès des personnes avec lesquelles ils se sentent le plus en sécurité. Cela ne signifie pas que vous faites quelque chose de mal, mais qu'il sait qu'il peut relâcher la pression avec vous.
Mon enfant fait plusieurs colères par jour : est-ce normal ?
Entre 2 et 4 ans, plusieurs colères quotidiennes peuvent être observées chez certains enfants, notamment pendant les périodes de fatigue ou de changement. Si elles deviennent extrêmement longues, violentes ou envahissent une grande partie du quotidien, il est préférable d'en parler à un professionnel.
Que faire si je finis par crier moi aussi ?
Cela arrive à de nombreux parents. Une fois le calme revenu, vous pouvez reconnaître votre réaction, présenter vos excuses et expliquer que vous avez vous aussi été débordé par votre émotion. Cette réparation montre à votre enfant qu'il est possible de reconnaître une erreur et de rétablir le lien.
Comment éviter les colères ?
Il est impossible de toutes les éviter. Des routines prévisibles, un sommeil suffisant, des repas réguliers, des transitions anticipées, de petits choix et des temps calmes permettent toutefois d'en réduire la fréquence ou l'intensité.
Quand faut-il consulter pour des colères ?
Il est conseillé de demander l'avis d'un médecin, d'un pédiatre ou d'un professionnel de la petite enfance si les colères sont extrêmement fréquentes, très longues, particulièrement violentes, persistent fortement après 6 ans, s'accompagnent d'autres difficultés de développement ou si vous vous sentez dépassé par la situation.
Les colères sont-elles un caprice ?
Non. Chez le jeune enfant, une colère est le plus souvent liée à une difficulté à gérer une émotion très intense. Même si certains comportements peuvent parfois lui permettre d'obtenir ce qu'il souhaite, la crise elle-même ne correspond généralement pas à une stratégie consciente de manipulation.
Sources
- American Academy of Pediatrics (HealthyChildren.org) - Top Tips for Surviving Tantrums
- Centers for Disease Control and Prevention (CDC) - Developmental Milestones
- Centers for Disease Control and Prevention (CDC) - Milestones by 3 Years
- Haute Autorité de Santé (HAS) - Repérage et accompagnement précoce des difficultés de développement de l'enfant
Pour aller plus loin
- Daniel J. Siegel et Tina Payne Bryson - Le cerveau de votre enfant
- Catherine Gueguen - Pour une enfance heureuse
- Isabelle Filliozat - J'ai tout essayé !
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